Cinq questions à se poser avant de se lancer

Le but de cet article est de vous inviter à vous poser certaines questions précises sur cinq grands axes de réflexions afin d’analyser toute idée / opportunité entrepreneuriale au travers de ce prisme. Ces questions sont à se poser au tout début du processus entrepreneurial, soit juste après avoir identifié une idée ou une opportunité qui vous semble intéressante. Elles peuvent aussi se poser avant de prendre une décision stratégique majeure. Vous pourrez ainsi décider si oui ou non vous allez vous aventurer plus loin dans l’exploration de l’idée.

1. Envies

Il s’agit ici de s’interroger sur ce qui nous passionne dans la vie, ce qui nous fait vibrer, ce que l’on aime faire, mais aussi ce que l’on n’aime pas et ne souhaite pas/plus faire. Dans ce point, essayez de vous imaginer dans votre quotidien de futur entrepreneur en identifiant tout ce que vous aurez à faire et demandez-vous si cela répond à vos envies. Vous vous voyez toujours le faire dans 5 ans ?

2. Valeurs

Ce sont vos valeurs personnelles. Ces valeurs varient d’une personne à l’autre et permettent à chacun d’évaluer une idée, puisque l’on parle ici des repères essentiels d’une personne. Ces repères sont issus de vous-même bien sûr, mais aussi de votre éducation, de votre culture, de votre entourage… Cela peut être le contrôle, la fiabilité, la rigueur, la richesse, le repos, l’accomplissement, etc. On se demande donc ici ce qui, dans l’idée qu’on a identifiée, va nous permettre de nous réaliser et de nous sentir bien.

En résumé, les envies et les valeurs se concentrent sur l’intérêt de l’opportunité entrepreneuriale pour soi, à savoir : en quoi cette idée va vous rendre heureux ? Les envies se concentrent sur la question « est-ce que j’aimerais faire ce métier d’entrepreneur au quotidien ? » tandis que les valeurs se demandent « est-ce que je me sens en accord avec mon idée et ce qu’elle implique et en quoi elle entre en résonnance avec mes convictions et valeurs personnelles ? »

Ces deux questions visent donc à valider le sentiment de désirabilité que vous éprouvez envers une idée / opportunité entrepreneuriale.

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3. Compétences

Ce point essentiel vous amène à vous questionner sur les compétences requises pour mener à bien votre idée, mais aussi à identifier celles dont vous disposez déjà, soit directement grâce à votre expérience ou votre formation, ou indirectement via le soutien que vous apportent vos associés et l’équipe de votre projet, voire d’autres personnes associées au projet. Ce point vous interroge donc aussi sur le besoin à acquérir de nouvelles compétences afin de pouvoir réaliser votre idée (soit via de la formation, de l’expérience professionnelle ou en incluant d’autres personnes au sein de votre projet qui apporteront leurs compétences).

Bien sûr, dans la mesure où vous en êtes au stade de l’idée, il est probable que vous vous trompiez sur les compétences requises pour mener à bien le projet, ou que le projet vienne à évoluer et que de nouvelles compétences soient requises.

4. Contraintes financières

De quels moyens financiers disposez-vous pour réaliser votre projet ? Pensez-vous qu’ils soient suffisants pour que votre projet voit le jour comme il est défini actuellement ?

On se questionne ici sur le « coût » lié à la création de son activité, mais aussi sur ses besoins personnels : de quoi avez-vous besoin pour pouvoir vivre et peut-être aussi faire vivre votre famille.

Encore une fois, il s’agira fortement d’un sentiment, qui ne sera pas forcément vérifiable.

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5. Contraintes sociales

Comment votre projet entrepreneurial va impacter votre vie de famille et au sens large vos relations humaines ? Est-ce que le projet est réalisable au vue de vos obligations familiales (enfants…) ? Est-ce que vous avez le soutien de vos proches pour vous lancer dans ce projet ? Comment vont-ils appréhender votre idée et s’y impliquer directement ou indirectement ?

Ces trois axes (compétences, contraintes financières et sociales) visent à valider le sentiment de faisabilité que vous éprouvez envers une idée / opportunité entrepreneuriale.

A la suite de cette réflexion, vous obtenez une évaluation plus objective de votre idée et pourrez ainsi décider ou non de poursuivre son étude en passant par les phases logiques qui suivent : structuration, étude de marché (qui prendra des semaines à des mois) et création de l’entreprise, mise en œuvre de l’activité.

Pour ce faire, je vous propose une méthode assez simple que vous retrouvez dans le schéma ci-dessous en exemple et que vous pouvez télécharger ici.

Pour chacune des 5 questions ci-dessus, vous noterez votre idée ou vos idées. Chaque question (envies, valeurs, compétences, contraintes financières et contraintes sociales) recevra une note entre 1 et 10, 1 étant la situation la moins favorable/souhaitée, 10 étant la situation idéale pour vous.

Vous devriez donc arriver à une note sur 50 points et pourrez ainsi :

  • Evaluer l’opportunité d’une idée en vous fixant une limite inférieure en-dessous de laquelle vous ne souhaitez pas aller plus loin sur l’idée (Exemple : mon idée de distributeurs de pains a reçu une note de 29 / 50, or ma limite pour aller plus loin dans cette idée était une note de minimum 30 / 50, je n’irai donc pas plus loin dans ma réflexion sur cette idée).
  • Comparer plusieurs idées / scenarii entre eux afin de choisir celui qui est idéal pour moi en l’état (Exemple : mon projet de distributeurs de pains a reçu une note de 29/50, celui de superette de quartier 32/50 et celui de distributions de fruits dans les entreprises de 35/50, je décide donc d’aller plus loin dans l’étude de mon projet de distributions de fruits et laisse, au moins pour le moment, les deux autres projets de côté).

Ainsi, ce petit exercice à l’avantage de vous permettre très tôt dans votre réflexion de :

  • Valider votre sentiment de faisabilité et de désirabilité envers votre projet, c’est-à-dire vous éviter d’entreprendre un projet pour les mauvaises raisons et de vous retrouver à faire quelque chose qui ne vous rende pas heureux, voir vous lancer dans l’étude d’une idée que vous n’aurez pas les moyens de réaliser faute de compétences, moyens financiers ou à cause de votre situation personnelle;
  • Réduire le nombre de vos idées et donc faciliter votre travail de structuration et d’étude de marché qui s’ensuit en vous proposant de vous concentrer sur l’idée, qui d’après votre sentiment (on ne parle pas ici de certitudes, mais plutôt d’intuitions), semble la plus désirable et la plus faisable pour vous.
  • Apporter certaines adaptations à votre idée de départ et ce avant même d’aller l’étudier plus avant sur base de ces cinq grandes questions que vous vous êtes posées (Exemple : décider de trouver un partenaire, car je n’ai pas toutes les compétences pour réussir le projet)

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