Imaginer le business model…
Pour le soutien scolaire, on a un public qui est très large : tous les élèves en difficulté. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, on ne répond pas aux besoins de tout ce public-là. Donc, en fait, j’ai commencé par me demander : Qui a besoin de ça ? Après, je me suis demandé : A qui est-ce qu’on répond déjà ? Et donc, du coup, je me suis dit comment est-ce qu’on peut réussir à combler le manque entre les personnes qui bénéficient déjà du service et celles qui en ont besoin ? Donc, je me suis dit… Créons une structure qui permette d’offrir le même service, puisqu’après tout, ils ont les mêmes besoins. Aussi bien ceux qui peuvent payer, que ceux qui ne sont pas forcément en mesure de le faire. Et donc, c’est à partir de là que j’ai construit l’idée de comment répondre à ces besoins et comment financer les besoins de ceux qui ne peuvent pas financer leurs cours, en tout cas au tarif complet, sans tomber dans des cours gratuits. Et c’est là que je me suis rendu compte qu’en fait, en faisant des échelons et en jouant sur la marge que l’on génère en tant qu’entreprise… On pourrait fort probablement, ou au moins partiellement, la réinvestir pour financer les cours de ceux qui n’ont pas les moyens d’y accéder. Donc, je suis partie d’un business model qui existait déjà, qui est une mise en relation entre un tuteur et un élève. Et je l’ai poussé un peu plus loin et je lui ai apporté une dimension sociale en jouant finalement sur le fait d’adapter les tarifs en fonction des revenus des familles.

Pour offrir un tarif solidaire…
Depuis le début, on propose à un certain nombre de familles des cours à tarif réduit. Maintenant, la question, c’est surtout d’avoir… un chiffre d’affaires sur les cours standards plus important pour pouvoir répondre à une plus grosse proportion de bénéficiaires. La majorité des parents qui payent le tarif standard… Je ne vais pas dire que ça ne les intéresse pas le fait que ça finance aussi des cours à tarif réduit. Mais c’est la cerise sur le gâteau pour eux en fait. Dans le sens où leur priorité, c’est que je puisse répondre aux besoins de leurs enfants. Maintenant, si je fais des choses socialement responsables, en plus, avec l’argent qu’ils me donnent, super, tant mieux.

Et le concrétiser
Je me suis fait une première idée, j’ai fait une première estimation et je l’ai testé, et encore aujourd’hui, mes échelons ne sont pas figés. C’est central dans mon business model. Cette répartition des réductions, ça, c’est sûr. Mais c’est quelque chose qui sera, je pense, constamment testé, parce qu’à nouveau face à une période comme celle qu’on traverse aujourd’hui, je vais probablement devoir à nouveau chambouler cet échelonnement-là pour pouvoir à nouveau le rendre juste. Je pense que dans un business, quand on se lance, il y a des parties qui sont à tester à longueur de temps si on ne veut pas finir par ne plus être adapté au marché sur lequel on est.