Transcript

Combien d’heures de travail ?
C’est difficile à dire parce qu’à un moment donné, en tant qu’entrepreneur je pense qu’on est non-stop « on » : on a les bonnes idées quand on prend une douche, le soir on parle avec des amis et puis ça donne un déclic pour quelque chose, je pense qu’on n’est jamais off. Il y a des heures vraiment prestées au bureau assis à une table, et puis il y a le reste : il y a les sorties, on représente à des soirées, on participe à des choses, on fait des jurys, on en fait plein de choses. Donc on est tout le temps quelque part, ça ne s’arrête pas mais lorsqu’on est stimulé et que c’est passionnant c’est génial.

Face à l’entourage ?
C’est clair que pendant les bonnes premières dix années de mon entreprise, mes copains qui sortaient de l’université et qui allaient travailler dans des cabinets d’avocats ou les Big 4 où l’Etat n’avaient pas le même salaire que moi, ils gagnaient beaucoup plus. Ils ne travaillaient peut-être pas les mêmes horaires non plus, mais j’avais toujours quelque chose qui attirait l’attention de tout le monde, tout le monde était un peu intéressé à ce qui se passait et il y avait une compensation par la reconnaissance de la société du travail qui est fait. Je pense que c’est important.

Optimiser son temps ?
J’ai toujours fait le choix d’avoir une résidence très proche du bureau, donc déjà de ne pas perdre deux heures dans les déplacements mais plutôt 10 minutes aller-retour, ce qui fait une grande différence ! On peut facilement travailler deux ou trois heures de plus que les collaborateurs en ayant autant de temps libre qu’eux.

Comment tenir sur la durée ?
Je pense qu’on a la chance d’avoir un secteur qui est très gratifiant : on sort tout le temps des produits. Ça veut dire qu’on sort des produits et ils sont très distribués, immédiatement. Donc lorsqu’on clôture un magazine on fait un sprint, toute l’équipe se fatigue, ça se termine tard, on fait un effort collectif assez grand. Quelques jours après ça sort, c’est distribué, on a des échos immédiats et c’est très très gratifiant. C’est dur de travailler beaucoup et d’avoir un résultat dans trois ans. Là il faut il faut bien tenir. Nous c’est un métier qui est dur parce que l’actualité ne se programme pas, elle vient quand elle vient donc il faut pouvoir réagir. Par contre c’est très gratifiant quand un article est publié, qu’on a des retours directement, quand un magazine sort on a des retours… Je pense que pour toute l’équipe, que ce soit du graphiste, du journaliste, le photographe, l’équipe de vente… on a les retours : un client qui dit « Voilà j’ai fait une pub, j’ai investi et j’ai des retours, je suis content, ça a bien marché la pub », celui qui a vendu est satisfait. Il sait qu’au-delà d’avoir gagné son argent il a aidé un client. Et pour un journaliste il a découvert une histoire, il en a parlé, il y a des gens qui disent « je ne suis pas d’accord », il y a des gens qui disent « c’est génial »… Et tout ça c’est l’échange qu’on a immédiatement. A quelques semaines de son travail, de son je pense que ça motive vraiment beaucoup.