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Faire de l’art un business

Comment intéresser les entreprises ?
Les goûts et les couleurs ça ne se discute pas, et l’art on aime ou on n’aime pas… J’essaie quand même de proposer aux gens des choses que j’aime d’abord, parce que c’est difficile de vendre ce qu’on n’aime pas. Donc moi je me dis que quand on connaît bien son produit, quand on aime ce qu’on fait, c’est facile de vendre à l’autre. On n’a pas besoin de trop de discours parce que ça vient du fond du cœur.

Sont-elles faciles à convaincre ?
On se retrouve en face de deux genres de clients : soit c’est des personnes qui ne connaissent rien à l’art et qui voudraient s’intéresser quand même à l’art. Alors là c’est beaucoup plus facile, on a le temps de discuter, j’explique un petit peu mon idée. Et là les gens disent « je vais quand même voir en interne si c’est possible, si on peut avoir le budget pour ça ». Ou alors on est en face de quelqu’un qui ne s’intéresse pas du tout à l’art et qui va vous dire « je ne pense pas que ce sera possible ».

Comment évaluer la rentabilité d’un artiste ?
Le premier test c’est de le proposer à mes clients à la location, et puis là je vois comment les gens réagissent. Si les gens réagissent bien alors je me dis que cet artiste là je peux continuer à travailler avec lui, et pourquoi pas demain le promouvoir.

Quand arrive la signature du contrat ?
Quand c’est très très rapide c’est un mois depuis le premier contact, et là il faudra vraiment de la chance de téléphoner, d’avoir un rendez-vous, et de tomber sur la société qui a besoin de vos services à ce moment-là. Alors c’est tip top ! Moi j’ai eu le cas avec un cabinet d’avocats : j’ai appelé par hasard, mon appel a été transféré à la personne appropriée, on s’est échangé des emails. Deux semaines après, les oeuvres étaient exposées parce qu’ils en avaient besoin : ils avaient un événement, ils avaient besoin d’oeuvres, d’une décoration, c’était ponctuel. Maintenant, pour le reste, ça prend quand même du temps parce qu’il faut décider d’un budget, parce que ce n’était pas prévu, parce que le conseil d’administration doit d’abord siéger… Ça peut prendre deux, trois mois.  Là j’ai un client avec qui les choses sont en train de se concrétiser, mais on est en discussion depuis le mois de juin. Le premier rendez-vous c’était en juin l’année dernière ! C’est souvent la patience, dans le B2B c’est beaucoup de patience.