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Je me suis lancé en tant que coach sportif

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Il était une fois dans un pays fort lointain… Ah non ! C’est vraiment ici et aujourd’hui que ça se passe… C’est l’histoire d’Olivier Delrieu qui s’est lancé en tant que coach sportif au Luxembourg en 2020. On vous le présente ?

En un mot…

Pour toi, être entrepreneur, c’est avant tout… Une aventure !
Le principal avantage d’être entrepreneur ? L’épanouissement.
Le principal inconvénient d’être entrepreneur ? La rigueur constante. Mais ce n’est pas un gros mot. C’est même ce dont je suis fier en m’endormant le soir.

Olivier, comment ton entourage te décrirait ?

On dit de moi que je suis un phénomène ! J’admets volontiers que je suis toujours actif. Chaque matin, une opportunité nous est offerte de recommencer à zéro. Il faut être prêt à la saisir. L’assiduité est une qualité à laquelle je tiens énormément : ne jamais lâcher l’affaire, savoir rebondir, être régulier, discipliné… Tout cela va ensemble !

Je suis également papa de deux jeunes filles. Et puis, mon accent chantant et le grand sourire qui me quitte rarement témoignent de ma joie de vivre. Il m’a fallu plus de 40 ans pour comprendre que sa vie, il faut la savourer à tout moment…

Que fais-tu dans la vie justement ?

Depuis janvier 2020, coach sportif ! Je suis moniteur de sport et de remise en forme auprès de particuliers majoritairement. J’accompagne aussi des groupes auprès d’entreprises ou d’institutions publiques. Je travaille notamment avec la Ville de Luxembourg en tant que freelance pour le programme « Sport pour tous ». J’ai la chance d’animer des cours pour des groupes d’aînés et multisports pour des enfants de divers horizons. Ici, ce qui est super, c’est cet équilibre entre le côté sportif et éducatif : encadrer des enfants, les mettre en confiance, leur apprendre qu’il y a des droits et des devoirs… Enfin, j’organise des ateliers parents/enfants à partir de 3 ans. Dans ce cadre, c’est un apprentissage des gestes, du touché, que je m’applique à transmettre. Ça favorise le partage entre parents aussi.

Où peut-on te trouver ?

Ne pas avoir de local, que je croyais être un choix pragmatique et naturel au début, s’est révélé être une de mes plus-values ! Les gens adorent que je me déplace pour les arranger. Je me déplace à leur domicile ou sur leur lieu de travail. Et je choisis un lieu dans les alentours pour réaliser ma séance de sport de la façon la plus adaptée à mon client ou ma cliente. Et comme je leur dis toujours : « Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que des vêtements à adapter ! »

Je suis un peu un homme sandwich ! (Et ça le fait bien rire !) Comme j’exerce mon activité dehors, avec mon logo sur mes vêtements de sport, on me repère facilement !

Bien sûr, on peut également me trouver sur mon site internet et les réseaux sociaux tels que Facebook, Instagram et LinkedIn.

Qu’est-ce qui t’a amené à faire ce métier ?

Gamin, entre mes deux passions, c’est le sport que j’avais mis en stand by. Et puis, en approchant de la cinquantaine, la vie m’a offert l’opportunité d’enfin explorer cette passion ! Ce cadeau était caché dans un emballage pas vraiment attirant : une cessation d’activité en 2018. C’est l’amour du sport qui m’a permis de me relever, d’embrasser ce nouveau challenge, de trouver un nouvel équilibre, tant dans mon épanouissement professionnel que familial.

Deux passions… Tu nous expliques ?

J’ai commencé à travailler à 14 ans. J’étais très doué en sport mais la gastronomie me faisait de l’œil. Mes parents m’ont persuadé de faire carrière dans la cuisine gastronomique. J’y ai travaillé pendant 20 ans, principalement pour des restaurants gastronomiques. Mon dernier emploi dans ce secteur a été sous-chef du restaurant le Jules Vernes au sommet de la Tour Eiffel. En 2001, j’ai accepté l’opportunité d’ouvrir des restaurants au Luxembourg. Je me suis retrouvé à faire des choses que je n’avais jamais faites de ma vie, comme de la gestion de projet. Tout sauf de la cuisine ! J’ai aimé ça mais ma vie de famille en a pâti. Ce qui m’a alors décidé à me lancer dans l’agro-alimentaire, où j’ai travaillé pendant 10 ans avant ma grande reconversion !

Dans le sport comme dans la gastronomie, la passion est un ingrédient sans le lequel je ne peux pas bien travailler. Et puis, en cuisine, il faut de la rigueur, répéter ses gammes et quand c’est l’heure du coup de feu, il faut y aller ! C’est pareil en sport ! Le côté challenge je le retrouve dans le sport comme dans la gastronomie.

« Le désir par définition, dans certaines circonstances, n’est-il pas le sentiment d’avoir besoin de réaliser une envie ? De toucher une pensée ou une réalité pour accomplir un acte nécessaire, pour se rassurer d’une émotion incitée par une émulation ? »

Comment s’est passé cette reconversion ?

J’ai commencé par de la passion et du bénévolat. Puis, quand j’ai réalisé que je devais transmettre des connaissances à des enfants, j’ai décidé de structurer tout ça en passant des certificats. J’ai d’abord obtenu le brevet C délivré par l’ENEPS, avec une spécialisation en athlétisme, et je continue à me former continuellement. Mais attention ! Avoir le brevet d’Etat d’entraîneur en poche ne m’empêche pas de prendre ma responsabilité éthique très au sérieux : il est de mon devoir de veiller à la sécurité de la personne, en toutes circonstances. Je refuse de coacher sur des volets sur lesquels je ne suis pas spécialisé. Un papier, ça ne fait pas tout ! Il faut une réelle expertise. Je tiens fortement à cela. C’est un gage de confiance, d’autant plus que ce secteur s’accompagne d’un certain flou. Si la formation était bien cadrée par l’ENEPS, lors de la création de mon activité par contre, on ne m’a rien demandé.

Tu as choisi de te faire accompagner pour te lancer en tant qu’indépendant ?

Oui. J’ai participé à Fit for Entrepreneurship (ndlr : maintenant nommé StartYourBusiness), un programme organisé par l’ADEM et dédié aux personnes en reconversion ou au chômage. Ce programme inclut de l’accompagnement avec des coachs de chez nyuko. En parallèle à cet accompagnement avec Lucile, Anne Panichi, le mentor qui m’a été attribuée - passionnée par le sport, elle aussi ! - m’a énormément apporté.

Puis, j’ai suivi le programme idea launcher de nyuko. Ici, on ne te donne pas ce qu’il y a à faire, on te donne à réfléchir ! On vérifie si tu as bien compris et on voit ensemble si tu ne t’es pas planté.e à petite échelle. Bref, on t’apprend le risque mesuré pour être apte à prendre les grandes décisions en autonomie.

On t’agite le bocal ! On te ramène toujours à l’essentiel. Par exemple : on peut avoir le meilleur projet du monde, mais si on n’a pas de clients, à quoi ça sert ? Quand on a la tête dans le guidon, on ne voit pas tout ça… Et quand on est dans la descente, mieux vaut avoir appris avant où sont les freins !

Comment cela a-t-il fait évoluer le projet ?

En neuf mois, je me suis retrouvé de porteur de projet à entrepreneur établi. Des choses très chronophages pour des novices m’ont été expliquées. J’ai appris à savoir moi-même comment trouver la bonne info au moment voulu.

Quand j’ai commencé à me faire accompagner, je ne comprenais pas à quoi ça servait. J’étais plein d’a priori. Et puis, j’ai compris que le principal tient en deux questions : « est-ce que tu as la clientèle ? » et « est-ce que tu as les bonnes personnes pour t’aider à bien faire ton job ? ». Par exemple, j’ai eu du mal au départ à travailler avec une fiduciaire car je pensais encore comme un salarié, je me disais que je devais « donner de l’argent » mais au bout du compte ça m’en a fait gagner !

Quel est le modèle financier de ton activité ?

Je travaille à l’unité, avec un tarif horaire fixe. Pourquoi ? Pour pouvoir répondre à la demande en maintenant la qualité.

Au départ, mon business plan prévoyait un an sans rentrées et je m’en félicite. Mis à part les aides de l’Etat contre le COVID, j’ai dû me débrouiller. Ça n’a pas été facile. Au début, j’avançais un peu à tâtons… J’ai effectué une étude de marché. Puis, j’ai confronté ce que je devais gagner à l’année (divisé en mois) avec les prix qui se faisaient sur le marché. Avec un peu d’expérience, je me suis aperçu que j’avais proposé des prix trop bas. Alors, j’ai augmenté un peu mes tarifs en réalisant que je n’étais pas que professeur de sport mais qu’une heure de coaching sportif se prépare, se débriefe, se travaille… J’étais devenu chef d’entreprise aussi !

Comment tu te démarques de la concurrence ?

Le sport avec moi, ce n’est pas un exutoire, c’est un plaisir. J’adapte mon accompagnement pour aider mes client.e.s à se dépasser en goûtant à la diversité. Je les surprends pour les garder motivé.e.s. Mon expérience dans le secteur de service est un atout. Je suis fondamentalement serviable. Action-réaction.

Je les aide au dépassement de soi mais avec beaucoup d’égard à leur état du moment. Je m’adapte à l’état de mon ou ma client.e. J’analyse énormément le non-verbal. Je suis extrêmement attentif à l’humeur et l’état mental de la personne. Par exemple, il m’arrive de proposer d’aller en forêt si je sens que la personne a besoin de se ressourcer. J’ai des client.e.s très fidèles qui me disent qu’ils reviennent chez moi parce que c’est moi, avec ma personnalité et mon énergie.

Tes conseils niveau positionnement et communication ?

Je me suis d’abord fait connaître via mon carnet d’adresse qui s’est constitué sur 20 ans. Avec un bon relationnel, j’ai construit des relations de par mes activités, du bénévolat etc., et aussi au sein des entreprises, en B2B. Mais le bouche à oreille n’est pas éternel. La prospection se fait sur base de ce socle et puis… Ça s’entretient. Il faut soigner sa clientèle actuelle et passée. Par exemple, les cours parents/enfants à partir de 3 ans ont commencé il y a 20 ans à Luxembourg-ville, à un prix démocratique. Et puis, ça s’est étendu aux villages alentours. Ça s’est avéré être un super vivier ! Satisfaite de mes services, cette cible est revenue me voir ensuite. C’est un moyen de prospection à long terme et de cross-selling.

Sinon, j’exploite les basiques du digital : mon site internet, avec un bon référencement, les réseaux sociaux… Quand on cherche « coach sportif à Luxembourg » sur Google, j’apparais régulièrement en premier. Mais c’est un travail en soi. Il ne faut pas s’éparpiller. En été, période plus creuse, je travaille mon rétroplanning et me perfectionne sur la communication digitale.

Depuis que j’ai démarré, j’ai quelque chose qui sort dans les médias tous les trois mois environ, et notamment dans des revues professionnelles.

Une bonne pratique à partager ?

Pas une… Deux :

  1. Avec chaque nouveau ou nouvelle client.e, je crée un groupe dédié sur WhatsApp. Il est distinctif de ses conversations personnelles grâce à la façon dont je le nomme. J’indique « Prénom + run + mon logo ». J’effectue le suivi à tout moment (dans un délai de maximum trois jours). Je personnalise mon service et surtout, ce groupe est ouvert à vie. Si mon/ma client.e a une question un an après, je lui réponds !
  2. Je demande toujours à mes client.e.s par quel canal ils m’ont trouvé. Information utile pour prospecter !

Comment vois-tu ton activité évoluer d’ici 5 ans ?

Je procède, et l’ai toujours fait, par étapes. Pour pérenniser mon activité et être rentable, j’apprends progressivement à structurer mon travail et mon temps. Ce qui est très difficile quand on est seul. Mon but, une fois l’étape des trois premières années passée, c’est d’avoir une structure bien rodée.

Et puis, j’ai 51 ans et je dois assurer mes arrières, donc mon objectif est d’établir des collaborations avec d’autres entrepreneur.e.s pour accroître ma visibilité et leur faire profiter de mon réseau et mes expertises. Et puis, pourquoi pas embaucher ?

Comment est-ce que tu t’organises pour jongler avec tant de casquettes ?

Mes mots d’ordre sont : anticipation, adaptabilité et discipline constante.

Pour ce qui est de la gestion des priorités : business first ! Je gère tout ce qui est facturable en premier. Après, toutes les prises de rendez-vous se font par téléphone. J’ai des heures fixes hebdomadaires avec des client.e.s fidèles et les cours en groupe. Ensuite seulement, je jongle avec les rendez-vous de dernière minute et le travail de fond.

Au niveau de la gestion du temps : j’utilise la technique du time blocking selon ma priorité numéro 1 : être ponctuel et ne jamais dépasser trois jours pour répondre à un message d’un.e de mes client.e.s. Par ailleurs, je suis dans un travail physique. Je ne peux pas enchaîner les cours. Je réserve toujours 30 minutes entre deux rendez-vous. J’alterne aussi mes journées pour récupérer au niveau physique en m’attelant aux tâches administratives. A une autre échelle, je m’occupe des choses chronophages durant les périodes de vacances.

Comment gères-tu l’équilibre entre ta vie professionnelle et ta vie personnelle ?

Avoir un métier passion, ça prend tout dans ta vie ! Sur ton temps, ta famille... Et quand tu as du temps, tu dors !

Ce sont des métiers qui demandent beaucoup. Alors, je sanctuarise des moments pour moi. Je réserve des jours, qui sont bloqués dans mon agenda, pour me reposer. J’adore les thermes. Cela me ressource. Je m’allonge, je ne parle pas. Ce qui, tous ceux qui me connaissent le savent, est un exploit en soi ! Cela me régénère physiquement et mentalement. Ce sont mes moments à moi.

La fameuse solitude de l’entrepreneur te pèse parfois ?

Je suis extrêmement bavard mais c’est un équilibre ! C’est quand je suis seul et dans le calme que je suis le plus performant. La solitude ne me fait pas peur, bien au contraire ! Pendant le covid, elle m’a sauvé. Ça permet de sortir la tête du guidon et d’avancer.

Quand tu es entrepreneur, tu dois faire avancer ta barque. La solitude m’aide à prendre la bonne décision. Tu t’assois, tu te remets en question et tu fais un choix. Et puis, bien sûr, tu écoutes les conseils… Et si tu es parti sur la mauvaise route, alors, tu dois être capable de revenir sur ta décision pour réorienter ton chemin.

Si tu n’avais qu’un seul conseil à donner à un.e futur.e.s entrepreneur.e, ce serait…

Un seul ? Pas possible !

  • Il faut savoir s’adapter. Trouve - toujours - une solution !
  • Assume tes décisions.
  • Être joyeux a un effet boomerang.
  • Aie confiance en toi !
  • Va te faire challenger ! Non, ce n’est pas une nouvelle insulte à la mode ! Haha ! C’est mon meilleur conseil !

 

Interview réalisée par Delphine Anzevui

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